
Il est vrai que le Parc du Djoudj situé à 80 kilomètres de la ville de Saint-Louis est mondialement connu. Il est considéré comme l’un des grands parcs ornithologiques au monde. En plus des quelques millions d’oiseaux qui y font escale, il est possible d’observer des chacals, des singes, des crocodiles, des pythons ou des varans. La saison dans laquelle nous sommes en ce moment est relativement fraîche pour le pays, j’en conviens, soit environ 24 degrés dans la journée. Je serai même le premier à recommander sa visite qui permet également d’observer les rizières et les périmètres irrigués pour la culture maraîchère.
La France, comme un bon nombre de pays occidentaux, coordonne ses activités de coopération internationale à travers une agence. On l’appelle Agence Française pour le Développement (AFD), comme on l’appelle Agence Canadienne de Développement Internationale (ACDI) au Canada.
Si j’avais pu être mis au courant un peu plus tôt, et si vous n’aviez rien eu à faire, et si vous m’aviez demandé de vous divertir un peu, je vous aurai convié à un grand théâtre de la coopération internationale. La pièce s’est jouée la semaine dernière, non loin de la ville de Saint-Louis. Les acteurs d’abord. Une délégation française, composée du président de l’AFD, accompagné de l’ambassadeur de France au Sénégal et de leurs conseillers. La trame. Ils sont en mission. Au Sénégal. Ils doivent rencontrer les producteurs de riz d’un village organisé en coopérative de production. Les producteurs exploitent quelques 200 hectares d’une terre difficilement irriguée. Bon comment pourraient-ils arriver… Mais oui, en jet privé, directement au petit aéroport de la ville de Saint-Louis. A la descente, quelques véhicules 4X4 les attendent, gyrophares en fête. Le cortège transperce la campagne pour enfin arrivé au lieu de rencontre. Les villageois attendent depuis plus d’1h30. Dans la salle de la coopérative, les chaises, par couleur, sont bien ordonnées. Les agents nationaux ont installée les cartes du casier d’irrigation, qui fut d’ailleurs nettoyé grossièrement et à la hâte, la journée même. Arrive la délégation, poignées de mains par ci, on parcourt les chiffres au mur par là, et hop, 12 minutes plus tard, la caravane s’affère et lève le camp. Chute. Il ne faut pas arriver trop tard au parc du Djoudj.