vendredi 7 mars 2008

« Mais comment peut-on se dire humaniste sans être féministe? »

Voilà une phrase qu’une femme a porté à mes oreilles hier lors d’un évènement organisé à Saint-Louis dans le cadre de la semaine entourant la journée internationale des femmes, le 08 mars.
Je vous propose la lecture de quelques paragraphes d’un manuel scolaire qui nous rappelle que notre héritage de relations homme-femme très déséquilibrées est à la fois très lourd et que les quelques changements dans ce domaine sont très récents.
Il est à noter que les formes de domination des hommes sur les femmes sont plus visibles dans les sociétés dans lesquelles nous ne vivons pas. Cela ne signifie absolument pas qu’elles n’y existent pas.

« Extrait d’un manuel scolaire
d’économie familiale domestique
publié au Québec en 1960

FAITES EN SORTE QUE LE DÎNER SOIT PRÊT. Préparez les choses à l’avance, le soir précédent s’il le faut, afin qu’un délicieux repas l’attende à son retour du travail. C’est une façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et vous souciez de ses besoins. La plupart des hommes ont faim lorsqu’ils rentrent à la maison et la perspective d’un bon repas (particulièrement leur plat favori) fait partie de la nécessaire chaleur d’un accueil.

SOYER PRÊTE. Prenez 15 minutes pour vous reposer afin d’être détendue lorsqu’il rentre. Retouchez votre maquillage, mettez un dans vos cheveux et soyez fraîche et avenante. Il a passé la journée en compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Soyez enjouée et un plus intéressantes que ces derniers. Sa dure journée a besoin d’être égayée et c’est un de vos besoins de faire en sorte qu’elle le soit.

ÉCOUTEZ-LE. Il se peut que vous ayez une douzaine de choses importantes à lui dire, mais son arrivée à la maison n’est pas le moment opportun. Laissez-le parler d’abord, souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres. Faites en sorte que la soirée lui appartienne.

NE L’ACCUEILLEZ PAS AVEC VOS PLAINTES ET VOS PROBLÈMES. Ne vous plaignez pas s’il est en retard à la maison pour le dîner ou même s’il reste dehors toute la nuit. Considérez cela comme mineur comparé à ce qu’il a pu endurer pendant la journée. Installez-le confortablement. Proposez-lui de se détendre dans une chaise confortable ou d’aller s’étendre dans la chambre à coucher. Préparez-lui une boisson fraîche ou chaude. Arranger l’oreiller et proposez-lui d’enlever ses chaussures. Parlez d’une voix douce, apaisante et plaisante. Ne lui posez pas de questions sur ce qu’il a fait et ne remettez jamais en cause son jugement ou son intégrité. Souvenez-vous qu’il est le maître du foyer et qu’en tant que tel, il exercera toujours sa volonté avec justice et honnêteté.

LORSQU’IL A FINI DE DÎNER, DÉBARRASSEZ LA TABLE ET FAÎTES RAPIDEMENT LA VAISSELLE. Si votre mari se propose de vous aider, déclinez son offre car il risquerait de se sentir obligé de la répéter par la suite et après une longue journée de labeur, il n’a nul besoin de travail supplémentaire. Encouragez votre mari à se livre à ses passe-temps favoris et à se consacrer à ses centres d’intérêts et montrez-vous intéressée sans toutefois donner l’impression d’empiéter sur son domaine. Si vous-même avez des petits passe-temps, faîtes en sorte de ne pas l’ennuyer en lui en parlant, car les centres d’intérêts de femmes sont souvent assez insignifiants comparés à ceux des hommes. »

Pour celles et CEUX que cette question de la domination masculine interpelle, je vous propose de lire notre ami Bourdieu qui l’a analysée avec la plus grande honnêteté possible, me semble-t-il. http://www.monde-diplomatique.fr/1998/08/BOURDIEU/10801