lundi 5 mai 2008

La domination masculine

Se déraciner volontairement de sa société de naissance permet d’aller à la rencontre d’autres pratiques sociétales et culturelles. Cela permet, et on n’y pense pas toujours au départ, d’observer sous un autre angle sa société d’origine. Après, ressortent certaines différences et certaines constantes, comme celle qu’il m’intéresse de partager avec vous, à savoir la domination masculine.
C’est en se penchant sur les sociétés qui se posent en modèle qu’il est ensuite intéressant de décliner les observations vers celles qui ne se présentent pas ainsi. Par exemple, si le pays qui se présente comme la plus grande démocratie au monde présente des anomalies importantes dans le processus démocratique de ses élections présidentiels, qu’en est-il des autres pays que se gardent de se présenter ainsi? Quand le pays qui se présente comme celui des droits de l’homme présentent tant de discriminations sur son sol, force est de constater que le concept apparaît tout de suite plus relatif. Quand un pays se présente avec comme valeur fondamentale le principe d’égalité entre les hommes et les femmes et que des inégalités mesurables et observables persistent dans ses institutions, ses organisations et ses familles, on se dit qu’il est préférable de ne pas s’asseoir sur les résultats obtenus et de continuer de le décortiquer, de le débusquer et de mieux le comprendre.
Pour cela je ne m’improviserai pas sociologue, je vous propose d’écouter celui qui me parle le plus dans ce domaine :

http://www.dailymotion.com/relevance/search/bourdieu/video/x4vy0y_bourdieu-la-domination-masculine_news

Il m’apparaît donc que les hommes depuis le plus jeune âge capitalisent sur un héritage les favorisant. Ayant été élevé en garçon j’ai délimité la place qui m’était impartie dans une société qui octroie l’espace public en majorité au sexe masculin. Avec les années, il semble de plus en plus difficile donc de se mettre à la place des femmes, qui ont eu à composer, pour la plupart avec une éducation prédéterminée et féminine. Étant en dehors de ma culture, les résultats de mes observations sont plus apparents. Alors que dés le plus jeune âge les jeunes filles sont adjointes de cuisine et de travaux ménagers de leur mère au Sénégal, les jeunes garçons peuvent occuper leur enfance aux sports et aux jeux. Une fois que ce constat flagrant est établi, et ce n’est évidemment qu’un exemple parmi beaucoup d’autres, il m’est possible de chercher les clivages qui existent au sein d’autres sociétés. La place de la cuisine est toujours un espace féminisé en France par exemple, tandis qu’il est encore rare qu’un jeune garçon se fasse offrir une poupée pour son deuxième anniversaire au Québec. La parité salariale dans la fonction publique n’est que très récente dans ces deux nations, mais pas encore présente au sein des emplois dans le secteur privé. Les publicités sexistes sont omniprésentes et force est de constater que le nombre de femmes en politiques nationales est encore faible.

Je joins un texte important intitulé : « La libération des femmes : une exigence pour le futur » rédigé par Thomas Sankara, en mars 1987 lorsqu’il était à la tête du Burkina Faso. Son texte révolutionnaire ne peut que nous faire déplorer sa disparition forcée, tant il aurait des réflexions à apporter dans le combat que mènent aujourd’hui les femmes tant en Afrique qu’en Occident.

http://www.thomassankara.net/article.php3?id_article=0040

J’associe donc dans la lutte contre les inégalités dans les sociétés et entre les pays, celui des inégalités entre les femmes et les hommes.